Divertissement

Eure. Après ses obsèques : Linda de Suza racontée par ses proches

Gisors Lecœuvre De Suza
Fabien Lecœuvre s’est très bien entendu avec Linda de Suza, qui était pourtant connue pour son tempérament volcanique. ©Lecœuvre Photothèque

« Pendant huit ans, elle m’a appelé tous les jours à 10 h à mon bureau. Elle me parlait des émissions dans lesquelles elle m’avait vu. Aujourd’hui, ça fait vraiment bizarre de ne plus l’entendre », raconte Fabien Lecœuvre après la disparition de Linda de Suza survenue mercredi 28 décembre 2022 à l’hôpital de Gisors (Eure).

Il a relancé sa carrière

L’expert de la chanson française avait noué une relation professionnelle puis amicale avec la chanteuse qu’il avait croisée par le passé sur des plateaux de télévision, dans des trains.

« Elle avait lu mon dictionnaire de la chanson française dans lequel je parlais de sa chanson Un Portugais, qui s’est vendue à plus de 600 000 exemplaires entre mars et juin 1978. C’est comme ça qu’elle a démarré sa carrière avec cette chanson incroyable. Et comme j’avais bien raconté l’histoire, elle m’a téléphoné pour me remercier. Un mois après, elle est passée me voir dans mes bureaux à Paris et on a décidé de travailler ensemble. »

Fabien Lecœuvre, agent artistique
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La tombe de Linda de Suza, toujours couverte de fleurs à Gisors. ©L’Impartial

Avec Fabien Lecœuvre à ses côtés, Linda de Suza va relancer sa carrière. À l’époque, il est l’attaché de presse et le promoteur de la tournée Âge tendre, qui regroupe des artistes ayant débuté leur carrière dans les années 60 et 70.

« Je lui ai fait faire deux saisons sur Âge tendre. C’était une formule formidable car je savais qu’elle ne pouvait plus tenir 1 h 15 sur scène. Là, elle faisait 6-7 chansons pendant 20 minutes, c’était parfait. Les gens étaient contents de la revoir, elle avait toujours son timbre de voix si caractéristique ».

Des livres, des émissions, un DVD

Mort de Linda de Suza Fabien Lecœuvre
La pochette du DVD sorti deux semaines avant sa mort. ©DR

À la fin de l’année 2015, ils signent un contrat par lequel Fabien Lecœuvre devient officiellement son agent artistique, comme il l’a été pour Michel Polnareff ou l’est encore pour Hugues Aufray, Gilbert Montagné ou Chantal Goya.

« Tout le monde me déconseillait de travailler avec Linda de Suza car elle avait un tempérament volcanique. Mais ça ne m’a pas fait peur car j’ai toujours aimé travailler avec des artistes un peu compliqués. J’arrive à les convaincre de ce qui serait mieux pour eux. »

Il lui fait rééditer « La valise en carton », son autobiographie qui s’était écoulée à plus de 2 millions d’exemplaires et un nouveau livre « Des larmes d’argent » dans lequel la chanteuse d’origine portugaise raconte les abus de confiance dont elle a été victime par son entourage.

Par l’intermédiaire de Fabien Lecœuvre, elle a fait son retour à la télé, dans les « Années bonheur » aux côtés de Patrick Sébastien et dans Vivement dimanche de Michel Drucker qui lui avait consacrée un numéro entier.

Un DVD intitulé « Linda de Suza 40 succès en images », est sorti chez Marianne Mélodie deux semaines avant sa disparition.

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« Elle en a choisi les extraits des émissions et les titres. Ça nous a occupés pendant trois semaines ».

« Elle voulait aller au couvent »

Peu de gens le savent mais Linda de Suza avait des dons de voyance. Fabien Lecœuvre en a fait personnellement l’expérience, il raconte.

« Longtemps, mes bureaux ont été au 44, avenue des Ternes à Paris. Elle vient me voir pour la première fois, et en sortant déjeuner elle me dit ‘La prochaine fois que je vais venir vous voir ce ne sera plus là, ce sera au 22’. Dans l’intervalle, le propriétaire de l’immeuble vend et donc je suis obligé de quitter mes bureaux et je reprends des bureaux au 22, rue de Ponthieux dans le 8e arrondissement. C’est énorme quand même. »

Gisors De Suza
Selon Fabien Lecœuvre, Linda de Suza souhaitait finir sa vie dans un couvent. ©Lecœuvre Photothèque

Ces dernières années, elle était devenue très religieuse, en témoignent les nombreuses Vierge Marie qui trônaient dans sa maison de Thierceville, un hameau de Bazincourt-sur-Epte, où elle avait élu domicile depuis de nombreuses années.

Un jour, Linda de Suza a fait une demande un peu particulière à Fabien Lecœuvre. « Elle m’avait demandé de lui trouver un couvent. À défaut de couvent, je lui ai trouvé une place à la maison de retraite Les Champs Fleuris à Gisors, qui s’avère être un ancien couvent. Elle était heureuse comme tout. »

À chaque fois que son agent allait la voir, Linda de Suza lui disait : « Je voudrais mourir ». Et jeudi 22 décembre, la dernière fois qu’il l’a vue vivante, elle lui a dit : « Mon petit je vais mourir. Elle était encore bien mais elle en avait marre de la vie ». Et Fabien Lecœuvre de conclure : « C’était une belle personne ».

« Elle me considérait comme son fils »

Gisors De Suza Frédéric Garçon
Frédéric Garçon a été présent aux côtés de Linda de Suza tous les jours pendant 17 ans. ©Photo transmises par Frédéric Garçon

Avec Bruno Amato, Eddie Lebrun, Olivier Marchaud et Laurent Abrial, Frédéric Garçon faisait partie du cercle intime autour de Linda de Suza.

Pendant 17 ans, le Gisorsien aujourd’hui âgé de 42 ans allait la voir tous les jours, il l’accompagnait partout, sur les plateaux télés, les radios et même sur les croisières Âge tendre. « On s’entendait hyper bien. Des fois, on n’avait pas besoin de se parler pour se comprendre ».

Frédéric Garçon n’était à proprement parler pas fan de la chanteuse, ne connaissait pas du tout son répertoire. Mais alors comment un jeune homme de 25 ans a été amené à rencontrer Linda de Suza ?

« J’étais animateur sur une radio locale dans l’Oise. À la rentrée, on faisait un listing des invités pour la saison et j’ai proposé Linda de Suza car je savais qu’elle habitait près de Gisors. Je lui ai laissé un petit mot dans sa boîte aux lettres. Je suis rentré chez moi, j’étais en train de passer l’aspirateur, est-ce un signe ?, elle m’appelle au même moment et me dit qu’elle n’a rien à vendre, aucune actualité mais elle propose d’aller boire un café ensemble au Jean Bart. Elle est venue aussitôt avec son chien qui est décédé pendant le Covid. On a commencé à discuter et m’a parlé de son ami qui écrit des livres. Elle mettait toujours les autres en avant plus qu’elle ».

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La tombe de la chanteuse est couverte d’œillets rouges, en hommage à la révolution des Œillets qui, au Portugal, avait entraîné la chute de la dictature salazariste. ©L’Impartial

Depuis cette rencontre, ils ne se sont plus jamais quittés. Durant toutes ces années, Frédéric Garçon a appris à connaître la personne en même temps que la chanteuse.

« Elle me considérait comme son fils car il y a eu une période où elle était fâchée avec le sien. Elle faisait partie de ma famille. « 

La dernière fois qu’il l’a vue vivante, c’était dimanche, le jour de Noël.  » Elle m’a dit qu’elle allait mourir et elle est partie trois jours plus tard. Elle était sereine « .

Et l’ami d’ajouter :  » Elle créait tout le temps. Sa famille c’était le public, c’est ce qu’elle a toujours dit. Elle ne voulait pas décevoir son public et se donnait à 1 000 % « . 

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