Divertissement

Le boom de l’amapiano, mélange sud-africain de house, lounge, jazz et soul

Uncle Waffles, lors du Pépélé Festival, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en juillet 2022.

Titre d’un morceau du rappeur français Youssoupha, sujet d’un documentaire de la BBC, genre de musique très écouté au cours de la dernière soirée de réveillon, l’amapiano est avant tout un mouvement culturel né en Afrique du Sud. « Amapiano » signifie « piano » dans la langue zouloue, car les accords jazz y sont très présents ; les nappes de synthés aérées au possible laissent planer un moment avant d’être matraquées par des lignes de basse très grasses, elles-mêmes secouées par un kick de batterie.

C’est sur ces moments percussifs, que les DJ sud-africains quittent alors leurs platines pour danser devant le public, qui reprend alors de manière synchronisée leur gestuelle, leurs pas de danse souvent très simples mais répétés à l’infini : le balega, inspiré par le moonwalk de Michael Jackson, les bouches prêtes à siffler, les poignets joints pour mimer une arrestation, une vague avec plusieurs corps.

L’amapiano est arrivé en France récemment. Nadim Makhlouf, l’organisateur du premier festival français consacré aux nouvelles scènes africaines, Pépéléfest, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en juillet 2021, se souvient : « Pendant le premier confinement, des DJ me parlaient d’une musique dont j’avais du mal à prononcer le nom. Ça se diffusait à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Ce mouvement arrivait juste après le renouveau de l’afrobeat, après les succès de Burna Boy ou de Wizkid. C’était hyperfrais, nouveau et ça venait d’Afrique. »

« En soirée, quand tu passes de l’amapiano, cela donne instantanément une vibe très positive. Les accords piano sont très gospel et, moi, j’ai l’impression d’entendre la voix de mes ancêtres. » Anaïs B, DJ

L’Afrique du Sud a toujours été à la pointe des musiques électroniques, notamment de la house music, dont le beat rappelle celui de certains rythmes traditionnels, zoulous et xhosa. A la fin des années 1990, les DJ et les producteurs proposent une première version, le kwaito, puis une autre, le gqom, issu de la région du Kwazulu-Natal. L’amapiano est celle qui domine aujourd’hui.

La Parisienne Anaïs B, organisatrice des soirées Spiritual Gangsta, a été l’une des premières DJ à le diffuser en France, en proposant à sa communauté, qui compte plus de 50 000 membres, un mix de cette dance africaine dès 2020. Elle en entend les premières sonorités quelques années plus tôt dans les rues de Johannesburg, la capitale économique du pays. Elle suit ses amis dans les restaurants en plein air où, pendant que les hôtes s’affairent autour des barbecues traditionnels, les DJ diffusent la house locale, qui reprend les polyphonies zouloues, les sifflets des danseurs de Soweto, les chants guerriers des manifestations anti-apartheid des années 1980.

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